
La lutte contre les pesticides s'établit autour de plusieurs actions que sont la charte "Jardiner au naturel, ça coule de source !", les campagnes de sensibilisation et les plans de désherbage communaux. Enfin il est également important de rappeler ici quelques éléments de réglementation.
La charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! » est née de la volonté de mieux informer les particuliers des problèmes posés par les pesticides tant sur l'eau que sur l'environnement et la santé publique. Le fait est avéré : les teneurs excessives en désherbants retrouvés dans les eaux nuisent à la faune aquatique et génèrent des coûts de traitements importants pour tenir les normes de production d'eau potable. Trop souvent présentés comme une solution incontournable d'entretien du jardin et des abords de la maison, les pesticides nuisent à la santé humaine et perturbent les équilibres écologiques.

Le principe de la charte "jardiner au naturel, ça coule de source" consiste à coordonner une action de promotion des techniques alternatives par les surfaces de ventes (agir sur l'offre) et une action d'information et de communication des jardiniers amateurs (agir sur la demande) par la collectivité (le Sivalodet), en collaboration avec les associations locales représentées notamment par la Maison de la Bio (regroupant diverses associations de consommateurs et environnementales).
La charte "Jardiner au naturel, ça coule de source!" est développé depuis 2005 sur le territoire de l'agglomération rennaise et 4 bassins versants d'alimentation en eau potable d'Ille et Vilaine. Elle a été créée par la Maison de la Consommation et de l'Environnement (MCE), Rennes Métropole, le SMPBR et l'association des Jardiniers de France, sous l'égide de la DRCCRF Bretagne dans le cadre du programme régional Eau et pesticides, effets sur la santé et l'environnement. Pour en savoir plus www.zeropesticides.org.
Après un an d'existence sur le territoire du bassin versant de l'Odet, la charte est reconduite en 2009. Le principe est de pouvoir expliquer et sensibiliser les jardiniers amateurs, dans les magasins spécialisés, des dangers de l'utilisation de ces produits, ainsi que leur donner des solutions alternatives (conseils, matériels). Il s'agit d'un engament entre les magasins signataires (jardineries, magasins de bricolage, qui vendent habituellement des produits phytosanitaires), les pouvoirs publics (état collectivité, représentée ici par le Sivalodet) et les associations. Les engagements de chacun sont les suivants.



1. Syndicat Mixte de Production d'eau du Bassin Rennais
2. Direction Régionale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes
Pour plus de conseils sur le jardinage au naturel (ou jardinage biologique), rendez-vous sur le site internet de la MAB.
Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement menées auprès du public afin de l'inciter à réduire son usage de pesticides, dangereux pour l'eau, l'environnement et la santé : campagne d'affichage, lettre d'information, présence lors de manifestations (marché de la fleur d'été à Quimper…).

Par ailleurs, le syndicat réalise, avec l'aide de bureaux d'études, des plans de désherbage communaux dans les communes adhérentes qui le souhaitent. Le plan de désherbage permet de hiérarchiser le territoire communal (zone agglomérée) en fonction des risques (risque élevé ou risque limité) de pollutions des eaux par les pesticides. C'est un outil d'aide à la décision puisqu'il permet d'adapter les pratiques d'entretien en fonction de la nature et de la physionomie des surfaces. Il permet aussi de sensibiliser les agents applicateurs par rapport aux cours d'eau, aux milieux aquatiques et à leur santé, ainsi que, dans une plus grande mesure, les habitants de la commune. A ce jour, 25 plans ont été réalisés ou sont en cours de réalisation (avec l'aide du Sivomeaq) sur les 26 communes que comprend le Sivalodet.
Qu'elles aient un plan de désherbage ou non, les communes changent leurs pratiques vis-à-vis de leur gestion de leurs espaces publics. La première question qu'il faut se poser avant tout est : faut-il désherber ?
Le regard que nous avons sur l'idée de propreté doit évoluer. La présence d'herbes spontanées dans un jardin ou en ville, ne doit pas être perçue systématiquement comme un défaut d'entretien. Il est important de pouvoir accepter la présence de cette végétation spontanée, comme l'on déjà fait certains pays Européens (Italie, Suède, Allemagne…). Mais le respect de la réglementation implique un changement des pratiques, qui au niveau communal, oblige les collectivités soit à maintenir le niveau de désherbage actuel (augmentation de la charge de travail des agents communaux et augmentation du budget prévu à cet effet) soit à mettre en place une gestion différenciée d'entretien des espaces publics (voirie et espaces verts).

Pour palier à la suppression du chimique pour l'entretien de la voirie ou des espaces verts es communes peuvent utiliser des techniques alternatives. Elles permettent ainsi de respecter la réglementation et de montrer le bon exemple.
Quelques types de techniques alternatives utilisées par les communes :
Pour éviter d'avoir à traiter chimiquement, une des solutions est d'agir en amont, afin d'empêcher cette végétation "indésirable" de pousser.
Une fois l'apparition de la végétation indésirable, si toute fois il y a nécessité de s'en débarrasser, il existe :
Exemple à Quimper, la voirie n'est plus entretenue avec des produits chimiques, mais à l'aide d'un désherbeuse à vapeur.
