Les actions du Sivalodet

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Charte "jardiner au naturel, ça coule de source!" & les pesticides

La lutte contre les pesticides s'établit autour de plusieurs actions que sont la charte "Jardiner au naturel, ça coule de source !", les campagnes de sensibilisation et les plans de désherbage communaux. Enfin il est également important de rappeler ici quelques éléments de réglementation.

Charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! »

Une charte qui répond aux enjeux sanitaires et environnementaux

La charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! » est née de la volonté de mieux informer les particuliers des problèmes posés par les pesticides tant sur l'eau que sur l'environnement et la santé publique. Le fait est avéré : les teneurs excessives en désherbants retrouvés dans les eaux nuisent à la faune aquatique et génèrent des coûts de traitements importants pour tenir les normes de production d'eau potable. Trop souvent présentés comme une solution incontournable d'entretien du jardin et des abords de la maison, les pesticides nuisent à la santé humaine et perturbent les équilibres écologiques.

Jardiner au naturel

Principe

Le principe de la charte "jardiner au naturel, ça coule de source" consiste à coordonner une action de promotion des techniques alternatives par les surfaces de ventes (agir sur l'offre) et une action d'information et de communication des jardiniers amateurs (agir sur la demande) par la collectivité (le Sivalodet), en collaboration avec les associations locales représentées notamment par la Maison de la Bio (regroupant diverses associations de consommateurs et environnementales).

Une charte initiée à Rennes

La charte "Jardiner au naturel, ça coule de source!" est développé depuis 2005 sur le territoire de l'agglomération rennaise et 4 bassins versants d'alimentation en eau potable d'Ille et Vilaine. Elle a été créée par la Maison de la Consommation et de l'Environnement (MCE), Rennes Métropole, le SMPBR et l'association des Jardiniers de France, sous l'égide de la DRCCRF Bretagne dans le cadre du programme régional Eau et pesticides, effets sur la santé et l'environnement. Pour en savoir plus www.zeropesticides.org.

Sur le territoire du Sivalodet

Depuis 2008,  la charte est reconduite sur le territoire du bassin versant de l'Odet. Le principe est de pouvoir expliquer et sensibiliser les jardiniers amateurs, dans les magasins spécialisés, des dangers de l'utilisation de ces produits, ainsi que leur donner des solutions alternatives (conseils, matériels). Il s'agit d'un engament entre les magasins signataires (jardineries, magasins de bricolage, qui vendent habituellement des produits phytosanitaires), les pouvoirs publics (état collectivité, représentée ici par le Sivalodet) et les associations. Les engagements de chacun sont les suivants.

Les enseignes :

  • Former leurs vendeurs aux solutions sans pesticides ;
  • Disposer en magasins du maximum de solutions sans pesticides ;
  • Décliner les supports de communication créés par les pouvoirs publics et les associations ;
  • Apporter à chaque client demandeur d'un conseil, une information sur les risques et sur les solutions sans pesticides.

Le Sivalodet et les associations :

  • Former les vendeurs des jardineries signataires sur les risques liés aux pesticides et sur les solutions sans pesticides ;
  • Concevoir des outils de communication et les mettre à disposition des jardineries ;
  • Prendre en charge un plan de communication en direction du grand public visant à promouvoir les solutions sans pesticides

Les jardineries et les magasins de bricolage engagés dans la charte

Les associations engagées dans la charte

  • La Maison de l'Agriculture Biologique (MAB)
  • UFC Que Choisir
  • La CLCV
  • Eau et Rivières de Bretagne
  • Bretagne Vivante / SEPNB
  • La Société d'Horticulture de Quimper
  • Les Mains Vertes
  • Les amis du jardinage au naturel
  • L'Eau et la Terre.

 

1. Syndicat Mixte de Production d'eau du Bassin Rennais
2. Direction Régionale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes

Pour plus de conseils sur le jardinage au naturel (ou jardinage biologique), rendez-vous sur le site internet de la MAB.

Le bilan de la charte du bassin versant de l'Odet

Le rapport détaillant le bilan de la charte pour l'année 2015 est téléchargeable ici.

Campagnes de sensibilisation

Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement menées auprès du public afin de l'inciter à réduire son usage de pesticides, dangereux pour l'eau, l'environnement et la santé : campagne d'affichage, lettre d'information, présence lors de manifestations (marché de la fleur d'été à Quimper…).

Affiche Apprenons les bons gestes

 

Le plan de désherbage communal

Par ailleurs, le syndicat réalise, avec l'aide de bureaux d'études, des plans de désherbage communaux dans les communes adhérentes qui le souhaitent. Le plan de désherbage permet de hiérarchiser le territoire communal (zone agglomérée) en fonction des risques (risque élevé ou risque limité) de pollutions des eaux par les pesticides. C'est un outil d'aide à la décision puisqu'il permet d'adapter les pratiques d'entretien en fonction de la nature et de la physionomie des surfaces. Il permet aussi de sensibiliser les agents applicateurs par rapport aux cours d'eau, aux milieux aquatiques et à leur santé, ainsi que, dans une plus grande mesure, les habitants de la commune. A ce jour, les 26 communes du Sivalodet ont eu leur plan de désherbage de réalisé (avec l'aide de l'ancien Sivomeaq).

Le changement des pratiques

Qu'elles aient un plan de désherbage ou non, les communes changent leurs pratiques vis-à-vis de leur gestion de leurs espaces publics. La première question qu'il faut se poser avant tout est : faut-il désherber ?
Le regard que nous avons sur l'idée de propreté doit évoluer. La présence d'herbes spontanées dans un jardin ou en ville, ne doit pas être perçue systématiquement comme un défaut d'entretien. Il est important de pouvoir accepter la présence de cette végétation spontanée, comme l'on déjà fait certains pays Européens (Italie, Suède, Allemagne…). Mais le respect de la réglementation implique un changement des pratiques, qui au niveau communal, oblige les collectivités soit à maintenir le niveau de désherbage actuel (augmentation de la charge de travail des agents communaux et augmentation du budget prévu à cet effet) soit à mettre en place une gestion différenciée d'entretien des espaces publics (voirie et espaces verts).

Plaquette désherber propre

Les techniques alternatives

Pour palier à la suppression du chimique pour l'entretien de la voirie ou des espaces verts es communes peuvent utiliser des techniques alternatives. Elles permettent ainsi de respecter la réglementation et de montrer le bon exemple.
Quelques types de techniques alternatives utilisées par les communes :

Les techniques préventives

Pour éviter d'avoir à traiter chimiquement, une des solutions est d'agir en amont, afin d'empêcher cette végétation "indésirable" de pousser.

  • le paillage : il a pour objectifs d'empêcher la croissance des herbes indésirables en les privant de lumière, de limiter l'évapotranspiration (permet de limiter l'arrosage), de favoriser la vie microbienne et d'auxiliaires (ver de terre : permet d'enrichir le substrat) et d'enrichir le sol en matière organique (décomposition du pallis s'il est organique). Il en existe de plusieurs sortes dont la tonte de gazon, les écorces (pin, blé noir, fèves de cacao), les minéraux (pouzzolane…) ou les toiles (feutre végétal…).
  • les plantes couvre sols : elles permettent d'occuper un espace susceptible d'être envahi par des herbes indésirables, tout en offrant un entretien minimum et un certain esthétique. Elles peuvent être installées sur des talus, dans des massifs d'arbustes, aux pieds d'arbres ou de haies...
  • le bon entretien des pelouses : il permet de limiter l'extension des maladies et le développement des herbes indésirables (éviter des tontes trop rases, corriger le pH du sol, aérer le sol…)

Les techniques curatives

Une fois l'apparition de la végétation indésirable, si toute fois il y a nécessité de s'en débarrasser, il existe :

  • le désherbage manuel : binettes, couteaux et assimilés
  • le désherbage mécanique : balayeuse
  • le désherbage thermique : eau chaude (systèmes aquacide ou waïpuna), vapeur ou flamme directe

Exemple à Quimper, la voirie n'est plus entretenue avec des produits chimiques, mais à l'aide d'un désherbeuse à vapeur.

Désherbeuse à vapeur

Réglementation

  • Arrêtés du 1er février 2008 relatif à l'interdiction d'utilisation des produits phytosanitaires à proximité de l'eau
    Le 1er février 2008, les préfets des quatre départements bretons ont signé de nouveaux arrêtés préfectoraux relatifs à l'interdiction d'utilisation des produits phytosanitaires à proximité de l'eau. Ces textes viennent renforcer les dispositions des quatre arrêtés d'avril 2005 qui interdisent tout traitement phytosanitaire dans et à moins d'un mètre de tout cours d'eau, point d'eau, collecteurs d'eaux pluviales, points d'eau, puits et forages (non listés sur les cartes IGN 1/25000), fossés (même sec) ainsi que le traitement des caniveaux, avaloirs et bouches d'égout, et complètent l'arrêté interministériel du 12 septembre 2006 notifiant l'interdiction d'utiliser tous produits phytosanitaires à moins de 5 mètres en bordure des points et cours d'eau listés sur les cartes IGN 1/25000 pour éviter leur pollution. De plus, les traitements sur plantes aquatiques et semi-aquatiques, qui doivent être réalisés par un applicateur agréé, sont désormais subordonnés à l'accord de la DDAF.
    Tous les utilisateurs de pesticides sont concernés par ces nouveaux arrêtés : particuliers, agriculteurs, collectivités et entrepreneurs. Ainsi, pour assurer une information maximale des différents applicateurs, la nouvelle affiche en annexe de ces arrêtés doit obligatoirement être affichée dans tous les lieux de vente de produits phytosanitaires, y compris, chez les distributeurs de produits destinés aux particuliers (hyper et supermarchés, magasins de bricolage, jardineries, solderies…).
    Il implique la mise en œuvre accélérée de méthodes alternatives de désherbage et conduit aussi à accepter quelques herbes folles.
  • La ville de Quimper (arrêté du Maire du 16 mai 2006) prévoit notamment que "les riverains doivent maintenir les trottoirs et caniveaux en état de propreté, sur toute leur largeur, en droit de leur façade (…). Le désherbage doit être réalisé par arrachage ou binage ; le recours à des produits phytosanitaires est strictement interdit."

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